Le blog de Yann Le Tilly sur l'écomobilité urbaine et l'innovation dans les transports publics.
Transports publics urbains et tourisme
Un guide des enjeux du numérique pour les collectivités locales
- Une formidable opportunité d’accès à l’information pour chacun ou un « trop-plein » difficile à gérer ?
- Quelle place pour les nouveaux médias et la participation du public dans la société de la connaissance ?
- Les technologies numériques hybrident monde réel et monde virtuel : quelles opportunités à saisir pour un territoire ?
- Une nouvelle culture de production personnelle, de collaboration et de partage émerge grâce à internet : comment se redéfinissent les échanges et la valeur des choses ?
- Orientation 1 : améliorer l’efficacité des services que la ville produit,
- Orientation 2 : adopter une démarche d’innovation ouverte pour coproduire les services de demain avec les acteurs et usagers de la ville,
- Orientation 3 : inciter les habitants à se mobiliser pour développer eux-mêmes les services innovants dont la ville à besoin.
- Créer une agence culturelle pour éditorialiser l’espace public,
- Créer une plateforme d’innovation ouverte pour inventer les nouveaux services que la ville doit offrir,
- Ouvrir les données publiques locales pour permettre à chacun de les consulter et de les utiliser.
Stress dans les transports
En cette période de campagne électoral le thème du stress risque de trouver plus d'écho que celui de l'ouverture des données publiques. Pourtant, des données ouvertes ne peuvent que faciliter le développement d'études, de processus et d'outils permettant aux entreprises d'appréhender et d'accompagner les difficultés de mobilité de leurs salariés.
Innovation et mobilité : 3 textes passionnants
Utilisez les mécanismes du jeu pour vos applications
Après quelques définitions, Amy Jo Kim, CEO de Shufflebrain et conseil de sites comme Yahoo ou eBay présente rapidement les caractéristiques de base du jeu :
- la notion de collection : les joueurs/utilisateurs doivent pouvoir collecter des objets, des cartes par exemple dans le monde réel, ou des "amis" sur les sites sociaux, des "pouvoirs" sur les jeux de rôle, ce mécanisme de quête est un puissant facteur de fidélisation,
- la notion de "point" que les joueurs/utilisateurs doivent pouvoir accumuler. Ces points peuvent être attribués par l'application de façon déterministe (game points) et permettre d'évaluer les "collections", ou alloués par les autres joueurs (social points). Ils permettent de classer les joueurs et de distinguer les meilleurs.
- le feedback, c'est à dire un signal émis par l'application ou par les autres joueurs et qui va solliciter le joueur. Il s'agit par exemple de commentaires, de "poke", de notations...
- Les mécanisme de feedback suscitent souvent des réponses : échanges de commentaires, de liens... et des mécanismes d'échange plus complexes : cadeaux virtuels... peuvent être mis en place pour augmenter l'engagement des joueurs.
- l'accessibilité : les services doivent être faciles à utiliser et à découvrir,
- le possibilité d'être "recombiné" : les sites doivent, au minimum pouvoir être largement personnalisés, au mieux proposer des API ouvertes et permettre des mashups,
- Ils doivent permettre la syndication sur d'autres sites.
Feltron report : un an de chiffre et de déplacements...
A ce prix là, je pense que la voiture qu'utilise M. Feltron ne lui appartient pas et qu'il a dû payer quelques amendes dans le métro.
Ecocomparateur : la Prius meilleure que le bus ?
Les résultats sont synthétisés dans le schéma ci-dessous (que vous pouvez agrandir en cliquant).
Surprise, surprise, la Toyota Prius produit plus de CO2 que le métro, mais moins que le bus. L'étude revient sur ce résultat étonnant en indiquant deux raisons :
- le nombre de passagers par bus (16,3 personnes) est faible,
- les embouteillages réduisent la vitesse commerciale qui est de l'ordre de 10Km/h et augmentent le CO2/Km.
Pour plus de détails je vous renvoie à l'étude Rolling Carbon dont le sous titre peut se traduire par "Les émissions de gaz à effet de serre résultant du trafic pendulaire à New York " et à l'écocomparateur en ligne de Transalt.

Le CETE étudie le marketing et la mobilité
- l'explosion des données issues des outils de gestion de la relation client informatisée (GRC) et des dispositifs de recueil de traces : géolocalisation, billettique...
- l'importance de la prise de parole des usagers qui s’expriment volontiers sur l’offre de déplacements notamment sur les blogs (voir par exemple le moteur de recherche).
- l'utilisation par les autorités des données marketing collectées, en général, par les exploitants, nécessite une contractualisation adaptée,
- elle nécessite aussi des méthodes et des outils ad hoc,
- ces traces "numériques" doivent être rapprochées des données traditionnelles issues des enquêtes classiques,
- les actions de communication et de promotion doivent prendre en compte les nouveaux canaux (blogs, web, mobile...).
Enfin, l'étude recense de nombreuses sources et projets et cite Transid !
- L'accès aux données, aux outils et aux méthodes est un point clé. Au delà des autorités organisatrices et des différents exploitants de transport, d'autres opérateurs économiques sont capables d'exploiter utilement ces données. Le rôle de l'autorité est, sans surprise, d'organiser ces "interconnexions" plus que de s'impliquer seule dans la collecte et l'interprétation des données.
- Il est important de revenir aux finalités du "l'organisation de la mobilité" : faciliter les déplacements pour répondre aux aspirations des citoyens. Loin des fréquentes considérations techniques, cette ouverture vers le marketing et vers l'analyse des besoins est très pertinente.
- Un petit guide du e-marketing à l'usage des autorités organisatrices proposant quelques préconisations simples : mise en place d'un site, suivi des statistiques, stratégie de référencement, veille... permettrai une sensibilisation par la pratique et rendrai le concept concret.
Clique, cascade, réseau virtuel et réseau réel....
L'étude des graphes permet, par exemple, de trouver des itinéraires pour se déplacer dans le monde réel ou de comprendre comment se diffusent les informations sur le web.
Le développement des réseaux virtuels : blogs ou messagerie instantanée, constitue un formidable terrain d'étude, de mesures et d'expérimentations.
- un mois d'échanges IM Messenger dans le monde entier, la publication est des résultats est là,
- des mécanismes de fraude su eBay, où un petit groupe de complice, une "clique", augmente frauduleusement leurs recommandations avant de s'attaquer à leur victime,
- les mécanismes de diffusion d'information "en cascade" sur les blogs.
La société Sense Networks explore, elle aussi, les connexions entre réseaux physiques et virtuels en proposant Citysense : un service permettant de visualiser les points chauds de la ville et les endroits où il y a plus ou moins de monde que d'habitude. Les données proviendraient de l'exploitation des traces GSM laissées par tous les porteurs de téléphones ! De là à prévoir le trafic avec une précision inédite il n'y a, peut être, qu'un pas...
Huit stratégies pour développer les transports publics
- Cibler le marketing sur les événements qui changent les habitudes individuelles : changement de domicile, d'école et de situation... L'exemple typique est le guide d'accueil proposant des informations personnalisées sur l'offre de transport.
- Chercher à valoriser le statut du transport public en insistant sur le caractère socialement responsable des voyageurs... Voir, à ce propose la vidéo chic de Kéolis ici et la minable pub de State Farm.
- Communiquer sur la simplicité d'usage du transport public ce qui passe par l'accessibilité des informations horaires, itinéraires et plans notamment.
- Mettre en œuvre des services complémentaires au transport : information temps réel et billettique, mais aussi voiture partagée, transports à la demande, et démontrer que l'attrait du transport public est renforcé grâce à ce maillage des moyens.
- Viser, en priorité, les segments les plus enclins à changer leurs habitudes, comme les groupes ayant une sensibilité forte au développement durable, puis adapter les messages aux besoins de ces catégories.
- Développer des pôles urbains ("compact neighborhoods") abordables et bien desservis,
- Assurer le développement d'une offre minimale de boutiques et de restaurants accessibles à pied dans ces "pôles compacts",
- Encourager les entreprises et les pouvoirs publics à mettre en place des incitations à l'usage du transport public.
Le rapport s'intitule Understanding How Individuals Make Travel and Location Decisions: Implications for Public Transportation vous pouvez le télécharger ici.
Trucs en vrac...
- Un site français pour rechercher une solution à vos problèmes de stationnement (oumegarer.com) et un widget américain indiquant les disponibilités de parcs de stationnement de Santa Monica...
- Une tentative d'utilisation de Twitter pour l'information sur les perturbations signalée pat Loic Hay qui twitte là. Espérons que cela marchera mieux que mon expérience !
- Une présentation britannique (pdf) sur les évolutions économiques en matière de mobilité... Elle est courte mais elle lie : l'augmentation des coûts de la mobilité, l'apport des nouvelles technologies notamment dans le domaine de l'information, l'apparition de nouvelles formes de partenariat entre le public et le privé. Bref, elle est d'actualité !
- Une belle photo et un bon article sur le métro de Lille et les transports publics Ch'tis...
Cartes, statistiques, vélos et vidéos...
Elle m'est signalée par Philippe, qui l'a aussi envoyée à Mat qui compile des statistiques sur le Vélib'.
Mat se dit qu'il va essayer de faire la même chose sur Paris.
Pendant ce temps, je me dis qu'il ne serait probablement intéressant de visualiser de la même façon les statistiques d'utilisation des points d'arrêts du transports publics. C'est d'ailleurs le sujet de cet article du Dr Hudson Smith qui indiquait comment représenter simplement des données 3D dans Google Earth...
Par la magie du web, des inconnus échangent leurs idées et un réseau se crée en quelques clics !
Accessibilité des sites internet : demandez les guides
Urba2000 propose aussi un bon "guide pratique de l'accessibilité numérique des services de communication publique en ligne". Il apporte, à la fois une analyse générale du contexte règlementaire et technique de l'accessibilité des sites Internet et un exemple pratique de mise en œuvre des recommandations dans le cadre d'un site particulier.
Les deux rapports montrent à quel point l'accessibilité relève d'une approche globale dans la conception du site et dans la compréhension de ses objectifs principaux. Un message clé qui passe souvent au second plan lorsqu'on cherche un impact visuel maximum et une différentiation par le look...
Le rapport Nielsen Norman Group est ici, celui d'Urba2000 ici.
Pour ceux qui n'ont jamais vu de démonstration de systèmes de "lecteur d'écran" Jaws, une vidéo courte est disponible sur Youtube, et pour ceux qui veulent suivre l'actualité de l'accessibilité numérique, Planète Accessibilité propose une sélection d'articles en français sur le sujet.
Si vous êtes à la recherche d'information liées à l'accessibilité dans les transports, voyez un rapport récent d'Ergonomos pour le Certu : "Etude sur l'accessibilité de l'information aux usagers déficients sensoriels dans les transports collectifs urbains" qui traite de l'information in situ bien au delà des sites Internet. Il est là (trois parties).
Groupe Chronos : les mots de la mobilité
Dirigé par Bruno Marzloff, le Groupe Chronos est un cabinet d'études sociologiques et de conseil en innovation travaillant sur des problématiques de mobilité et de déplacement. Il intervient notamment pour JC Decaux, la RATP et la SNCF...
Le CityBreak, le cinquième écran ou la ville 2.0 sont autant de phénomènes identifiés, et décryptés par le Groupe Chronos parfois en partenariat avec la FING.
L'entretien est à lire ici et là.
Keolis, mutations de la société française et information des voyageurs

Elle est commanditée par Keolis et réalisée par TNS Sofres.
La présentation est téléchargeable ici, mais un petit tour sur le site de Keolis vous permettra , en prime, de découvrir quelques vidéos et statistiques intéressantes (72% des voyageurs ont déjà ri dans les transports...).
Plusieurs mutations sont évoquées relatives, par exemple, au vieillissement de la population, au rapport au temps, à l'évolution des territoires.
L'étude s'intéresse, aussi, à la fracture numérique et à l'accessibilité de l'information voyageur pour :
- ceux pour qui l'écrit pose problème, qui privilégie le contact et l'information sonore,
- les moins "aptes à la modernité" qui refuse ou ont des difficultés avec les nouveaux médias,
- ceux, et ils sont plus nombreux, qui ont simplement du mal à comprendre les plans et les horaires.
- la simplification de l'offre,
- la lisibilité des plans et leur articulation avec la signalétique,
- la systèmatisation des annonces sonores et la réflexion sur les noms des arrêts...
Un répertoire national des points d'arrêt ?
Un modéle unifié permet :
- aux exploitants de mieux gérer les services multimodaux et les correspondances,
- aux clients de repérer les correspondances à l'avance, de s'orienter au sein des pôles d'échanges et d'emprunter des itinéraires adaptés à leurs besoins,
- aux gestionnaires de maintenir plus efficacement les équipements : mobilier, distributeurs, escalators...
C'est possible puisque les anglais et les allemands l'ont fait. Le CEN/TC278/WG3 étudie un projet de norme européenne dite Ifopt.
Au plan national, le Certu publie, sous le titre poétique "d'étude pour la mise en oeuvre d'un système de localisation des objets fixes dans les transports publics" un rapport réalisé par Kasia Bourée et Bruno Bert. Il donne beaucoup d'informations intéressantes, mais surtout, il explore l'intérêt et les modalités de mise en oeuvre d'un annuaire national des points d'arrêt... A suivre donc !
En attendant, allez donc essayez searchmash un moteur de recherche qui vous trouve des liens, mais aussi des photos, des vidéos et des définitions dans wikipédia. Pour la gare de Lyon, on trouve ça... C'est assez complet et cela donne une idée, mais cela ne suffit pas pour se repérer !
Covoiturage : risques d'embouteillage ?
J'ai recensé une vingtaine de sites de covoiturage : ici, dont la plus grande partie est en France : là.
Il y a ceux qui sont bien classés dans google.
Il y a ceux qui sont bookmarqués : 25 utilisateurs de del.icio.us ont pris soin de bookmarquer 123envoiture, devant covoiturage.com, bookmarqué 21 fois...
Il y a ceux qui travaillent avec les services départementaux : en Charente, Côtes d'Armor, Finistère, Isère...
Au moins deux sociétés visent clairement ce marché : Green Cove et Easy Covoiturage.
Il y a ceux qui sont payants, ceux qui sont gratuits. Il y en a même un qui est gratuit sur la première page et payant sur la page information !
Il y a les rubriques "covoiturage" des sites d'annonces généralistes : vivastreet qui propose un flux rss adapté à votre région et le routard.
Il y a ceux qui sont franchement ringards (vous les trouverez tout seul) et ceux qui sont plus modernes. Certains proposent un "web service" (6€ par mois) ou un kit d'affiliation que je m'empresse de vous présenter ci dessous...
J'en ai certainement oublié, dites le moi !
Visualiser des données en 3D
Ils travaillent aussi sur un outil de visualisation de "panorama". Cette technique représente sur un écran 2D la vue panoramique d'un lieu à partir d'un point fixe. Cela permet, par exemple, de visualiser les pôles d'échanges complexes sur Internet, sans disposer d'un modélisation 3D complète. Accessoirement, cela permet aussi de réaliser des vidéos magnifiques.
Predim : pas assez d’économistes ?
Déçu par l'absence de réflexion en matière d’évaluation du coût économique des perturbations lors de la journée Predim.
C’est bien dommage, sans étude économique, impossible de mobiliser le bon niveau de financement pour des projets significatifs.
Julien Coquio doctorant à l’université de Tour, aborde ce sujet dans le cadre de sa thèse. Il travaille sur l’impact de l’information sur le temps perdu par les voyageurs lors des situations perturbées. Il étudie la meilleure façon d’informer les voyageurs pour les orienter vers les modes de substitution les plus adaptés lorsqu’ils existent. Son travail doit permettre de comparer les temps perdus lors d’une même perturbation avec et sans information adaptée pour les voyageurs.
Malheureusement, il ne va pas jusqu’à valoriser ces temps.
Combien coute un train en retard ?
Une enquête sur les temps d'arrivée en gare et une étude sur trois groupes de dix voyageurs éclairent en terme quantitatifs et qualitatifs l'impact des retards sur les voyageurs.
On y apprends par exemple, que le coût perçu du retard sur le chemin domicile travail est moins élevé que celui du même retard au retour...
Un point qui mérite l'attention : une bonne information réduit dans des proportions importantes le coût perçu des retards.
Ces différents facteurs sont mis en équation et valorisés.
Conclusion : l'augmentation de la régularité est un facteur non négligeable dans la valorisation des projets d'infrastructure par rapport à d'autre facteurs comme la durée du voyage, ou l'inconfort lié à l'afluence. L'article se termine par l'annonce de la parution prochaine d'un guide méthodologique pour l'évaluation socio économique des projets en Ile de France, on en reparlera.