Twitter pour les transports publics en 6 étapes

L'usage de Twitter commence à se généraliser chez les opérateurs de transport public. Les comptes officiels sont encore moins nombreux et surtout moins suivis que ceux des groupes de voyageurs ou des associations, mais cela n'est pas une fatalité. Pour prolonger la présentation de Simon Chignard lors de Metronum sur l'information des voyageurs et Twitter dans les transports urbains, voici un petit guide en 6 étapes à l'usage des exploitants qui ne se sont pas encore lancés.
Les étapes sont :

  1. Créez vous un compte personnel
  2. Ecoutez ce qu'on dit
  3. Créez le compte de votre entreprise
  4. Informez sur les perturbations
  5. Communiquez 
  6. Répondez

1° Créez vous un compte personnel. Cette étape n'est pas "obligatoire", mais je vous suggère d'utiliser twitter pour vous même avant de vous lancer dans un usage professionnel. Commencez simplement par suivre quelques comptes qui vous intéressent et apprenez par l'exemple. J'ai crée une liste de compte d'exploitants de transport public. Vous pouvez la suivre et vous pourrez suivre ce que font vos collègues et concurrents. Attention, toutefois, à bien distinguer le compte personnel et le compte de l'entreprise. Les entreprises restent, les community managers peuvent changer de poste voir d'entreprise. L'impact d'un changement de community manager lorsque l'identité du réseau est trop directement liée à la personnalité du community manager peut, sans doute, être problématique.

2° Ecoutez ce qu'on dit de vous sur Twitter et observez ce qui est fait autour de vous. Il existe de nombreux outils pour vous y aider. Commencer par la recherche Twitter, notamment la version "avancée" et l'option qui vous permet de sauvegarder votre recherche pour y accéder en un clic. Tweetsats vous permet d'analyser les comptes qui vous intéressent en analysant les jours et heures de publications, les followers et ceux qui retwittent... Un exemple de visualisation intéressante Tweetstats ci-dessous :

3° Créez le compte de votre entreprise. L'objectif est d'être facilement identifiable et facilement "trouvable" lorsque les internautes font une recherche. Chaque détail compte donc : le choix de l'image qui vous représente, le nom et les quelques lignes de "descriptif", le lien vers votre site... Un bon exemple, un peu exotique : TUR est un opérateur de cars chilien dont le compte @turbuschile est suivi par 35 000 personnes. A partir d'un marque courte (TUR) très mal adaptée à la recherche sur Internet, le nom retenu intègre le mode (BUS) et le lieu (CHILE)...  N'y passez pas trop de temps, vous pourrez de toute façon y revenir. Prenez la parole sans attendre et améliorez votre profil au fur et à mesure que vos objectifs se précisent et que votre expertise se développe.

4° Informez sur les perturbations. Twitter est bien adapté à l'information sur les perturbations, les formats courts et la diffusion sur mobile répondent aux attentes des voyageurs. On observe des pratiques diverses :
  • L'utilisation d'un compte par ligne comme sur les lignes C et D du RER ou sur toutes les lignes de la Metra à Chicago (Metra BNSF, Metra UPNW, etc... ).

  • L'utilisation des codes de lignes ou mieux de hastags ( #ligne1 par exemple) qui facilitent la recherche. On peut les utiliser pour les lignes, mais aussi pour les missions ou les arrêts. Ainsi dans l'exemple ci-dessous un message d'information trafic touchant les lignes A et B :

  •  Certains opérateurs publient manuellement et essaient de faire tenir toutes les informations dans un tweet, ce qui probablement plus pratique pour les internautes. D'autres publient automatiquement et proposent un lien vers leur site internet :

5° Communiquez : Twitter est un relais naturel pour toute votre communication. Il est aisé de créer un tweet pour chaque brève publiée sur votre site. Certains exploitants ont séparé l'infotrafic et la communication institutionnelle, comme par exemple la TAN à Nantes qui exploite @tan_actu et @tan_trafic :
Beaucoup de gros réseaux ont aussi un compte dédié aux RH et en particulier aux annonces de recrutement... A ce stade, il devient impératif de suivre d'autres comptes et de faire jouer les fonctions sociales de Twitter en retwittant les mails des principaux influenceurs dans votre région ou en les référençant dans un #FF comme Aix en bus ci-dessous :


6° Répondez... Cette étape est difficile à franchir et nécessite un gestionnaire de communauté confiant et expérimenté et disponible... Les écueils sont nombreux mais l'impact peut être important, prenons par exemple cet échange entre @starbusmetro et @Muggen__ qui préfigure, sans doute, les campagnes anti-fraude de demain (N.B. : cela se lit de bas en haut) :

Un des écueils peut être la disponibilité du responsable du compte Twitter si il est seul et/ou en charge d'autres missions. Plutôt que de laisser des messages sans réponse, certains réseaux affichent clairement leurs disponibilités; comme par exemple les Bus Lothian d'Edimbourg qui répondent du lundi au vendredi de 9h30 à 13h30 :



L'utilisation de Twitter n'en est qu'à ses débuts. Je vous propose de rester attentifs à l'évolution des usages de Twitter dans le domaine des transports publics. N'hésitez pas à m'indiquer de nouveaux comptes à intégrer dans la liste des comptes Twitter des exploitants (Julien de Labaca m'a déjà donné un bon coup de main) et échangeons sur ces nouvelles pratiques sur Twitter.

Cartographie des transports en commun : le Barcamp RATP

Un Barcamp vaut par les échanges, lors du Barcamp organisé par la RATP sur la cartographie des transports en commun, ils furent riches. Je ne reprends ici que cinq points qui m'ont paru essentiels. Un vrai compte rendu sera disponible ici aux bons soins de Faber Novel.

  • "Cartographier c'est choisir": une carte utile est une carte qui met l'information recherchée en évidence sans la noyer  de détails. Du coup, il n'y a pas de carte universelle. Les exploitants, et en particulier la RATP, ou les autorités organisatrices proposent plusieurs styles de cartes adaptés à la représentation d'une ligne, d'un quartier, ou pour une vue d'ensemble du système de transport. Faber Novel avait, d'ailleurs, rassemblé de nombreux exemples de cartes "transport" dont les copies décoraient les tables. Lors du barcamp, de nombreuses idées de cartes ont été évoquées avec des visions décalées par rapport à celles des exploitants de transports : cartes touristiques, dynamiques, dédiées à l'accessibilité, artistiques, crowdsourcées, indoor, 3D.... Voir, aussi, les exemples ci-dessous de cartes issues du concours lancé par CheckMyMetro.



  • Une carte = un thème visuel + des données. Le visuel c'est le choix des couleurs, des formes des codes visuels des numéros de ligne ou des arrêts. Les données, ce sont les coordonnées géographiques et les attributs (noms, catégorie...) des objets représentés. Les deux sont nécessaires et peuvent paraître indissociables, mais un jeu de données unique peut alimenter un grand nombre de thèmes. Dans l'exemple ci-dessous, un même jeux de données issus d'Open Street Map est présenté sous 4 rendus différents.



La question du partage se pose de façon différente lorsqu'on parle de données géographiques et lorsqu'on parle de "signature visuelle".

  • Les données gagnent à être partagées. Gael MUSQUET l'a illustré de façon très concrète lors d'un atelier consacré à OpenStreetMap, et plus précisément à la réalisation d'une carte de ligne de bus à partir des relevés de traces GPS (quelques exemples de cartes transports dans OSM). Non seulement il serait utile à la communauté OSM de disposer des droits d'utilisation des données cartographiques des exploitants, mais inversement, le travail de la communauté est susceptible d'enrichir les services et d'améliorer la qualité des données des exploitants. Suite à data.gouv.fr la plupart des décideurs commencent à le comprendre, d'autres persistent !


  • Inversement, on peut comprendre que les marques cherchent à protéger leur identité lorsqu'elle est associée à un thème visuel particulier. Or la marque de la RATP est associée à la carte du métro parisien. C'est notamment bien illustré par une simple recherche de RATP sur Google Image.




  • Les modalités de partage des données des systèmes de transport public sont en train d'évoluer. Le cas de  l'Ile de France est particulier de part sa taille, sa densité et sa structure institutionnelle. Peut être est-ce la raison pour laquelle les modèles mis en oeuvre aux USA, à Londres, à Rennes, Bordeaux et Nantes ne sont pas d'application immédiate en Ile de France ?

Les initiatives comme ce Barcamp, à l'initiative de la RATP permettent, en tout cas, de croiser les points de vue et de clarifier les enjeux.

Merci notamment à  @vmullerfr pour cet événement et voici quelques liens vers des comptes twitter (le hashtag #transcomap) de participants : @faberNovel @apeignier @MaxGdj @mariecaroline @djonglez @RatZillaS  @dryade@fbancilhon et bien sûr @Transid himself !

Open Data dans les transports : du neuf !

Ca y est data.gouv.fr est ouvert. Avec 352 000 jeux de données, il va falloir un peu de temps aux "data miners" pour trier le bon grain de l'ivraie !

Pour ceux qui s'intéressent aux données "transports publics" uniquement voici quelques jeux intéressants :
Je me réjouis de ces publications. Elles permettent aussi de mesurer ce qu'il reste à faire :
  1. plus de données : l'état de l'art en matière d'open data dans les transports est la publication des horaires (à Rennes, ou Bordeaux), voire des passages en temps réel (à Londres), 
  2. une couverture géographique plus large, 
  3. une action sur les formats. Si la publication d'horaires sous Excel se généralise, il faudra un effort considérable pour les utiliser à grande échelle, compte tenu de la diversité des fiches et de la difficulté pour un ordinateur de les interpréter automatiquement. 
Sur ce dernier point, la question n'est pas simple. La posture actuelle d'EtatLab répond à la demande "Raw Data Now" de Tim Berners Lee. Si Etalab se concentre sur les actions 1 et 2, peut être que des tiers prendront progressivement 3 en compte. Ce pourrait, par exemple être un rôle naturel pour l'Afimb...

Mais la situation se complique car si tout le monde s'accorde pour recommander des formats standards et ouverts ! certains prônent la publication des données d'offre au format "Trident", d'autres, (j'ai de la sympathie pour eux) souhaitent utiliser GTFS un format bien documenté et répandu, certains, plus rares, voudraient des web services. Enfin, un nombre croissant d'acteurs parle de RDF, de données liées et de web sémantique. 
J'avais, en 2010, publié une série de 4 articles très simples (simplistes ?) sur ces questions de données. Plus récemment, un certain Bill Roberts qui travaille chez Swirrl a publié, sur le Data Hub du ckan, les données d'offre du Grand Manchester au format RDF. C'est à ma connaissance l'initiative la plus avancée en la matière...
Sur ces sujets je suis très intéressé par vos avis ou vos propositions.
Cela m'amène à une autre nouvelle en matière d'Open Data Transport, l'ouverture, peut de temps après data.gouv.fr de data.sncf.com. Ce n'est pour l'instant qu'une plateforme de débat sur laquelle, justement, les questions évoquées précédemment sont abordées, par exemple ici et .  Si vous avez un avis, participez !